L'histoire

Les barrages automatisés de l’Aisne et de la Meuse s’inscrivent dans le programme de modernisation de la voie d’eau de VNF avec le remplacement des barrages manuels à aiguilles.

Barrage de Joigny-sur-Meuse
dans les Ardennes

Les barrages à aiguilles ont été inventés en 1834 par Charles-Antoine Poirée (1785-1873), Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées originaire de Soissons dans l’Aisne. Une innovation capitale dans la navigation fluviale du 19ème siècle. Le premier barrage de ce type est établi sur l’Yonne, près de Clamecy dans la Nièvre. Cette invention a valu à Poirée la Grande Médaille d’honneur de l’Exposition universelle de 1855.

Mis en place sur la Meuse entre 1870 et 1875, ce système ingénieux de barrage mobile couplé aux écluses a révolutionné la navigation en permettant de contrôler le niveau d’eau du fleuve et d’assurer ainsi un tirant d’eau et un tirant d’air suffisants pour les bateaux. Ce contrôle était exercé par les barragistes chargés de placer manuellement les aiguilles de bois côte à côte pour former un rideau perpendiculaire au courant.

Les 25 barrages à aiguilles  situés entre Givet et Verdun sur la Meuse et les  6 barrages à aiguilles situés entre Compiègne et Soissons sur l’Aisne ont été progressivement remplacés par :

  • 2  barrages automatiques à clapets à Monthermé en 2001 et à Givet en 2008
  • 29 barrages automatiques à bouchures gonflables à l’eau entre 2017 et 2020 

Fonctionnement du
barrage à aiguilles

Fonctionnement du barrage à aiguilles

Les cadres métalliques de 110 cm de large et de 250 cm de haut environ sont appelés « fermettes ». Ces fermettes fixées aux pierres maçonnées au fond du lit du fleuve par un axe en rotation peuvent ainsi pivoter pour s’effacer sur le fond en cas de crue et laisser le libre passage des eaux. Elles sont reliées entre elles par des barres d’assemblage et des chaînes et accueillent des caillebotis formant une passerelle de manœuvre.

Les chevrons de bois ou « aiguilles » sont placés en appui sur les fermettes et contre un butoir (ou heurtoir) sur le radier dans le fond du cours d’eau.

Une aiguille mesure 7 cm de côté avec une tête arrondie permettant une meilleure prise en main. Haute de 2,80 à 3,10m, chaque aiguille pèse de 11 à 14 kg à sec et se manipule à force de bras. L’extrémité est peinte d’une couleur différente pour chaque barrage afin de les identifier lorsqu’elles s’échappent dans le courant.

La régulation du niveau s’effectue en ajoutant ou en retirant des aiguilles en fonction des conditions météorologiques, avec une précision relative dans la tenue de la ligne d’eau du fait du temps d’intervention.

Barragiste, un métier difficile

La régulation du niveau s’effectue en ajoutant ou en retirant des aiguilles en fonction des conditions météorologiques, avec une précision relative dans la tenue de la ligne d’eau du fait du temps d’intervention.
Les barragistes ont toujours fait preuve de courage face au courant pour manipuler avec force et dextérité les 1200 aiguilles qui composent en moyenne un barrage. En période de crue lorsqu’il fallait « coucher le barrage » c’est-à-dire l’effacer pour laisser l’eau s’écouler, une équipe de 4 barragistes pouvait être astreinte à intervenir 30 heures consécutives de jour comme de nuit dans des conditions climatiques parfois extrêmes. De surcroit il était nécessaire du fait de l’action conjuguée de l’eau et du vent durant la période hivernale, de dégager au plus vite le barrage à l’aide de treuils et de tronçonneuses pour évacuer les embâcles (végétaux, glace, bois flottant obstruant les barrages).

Améliorer la sécurité
des personnes

Le remplacement des barrages manuels à aiguilles par des barrages automatisés vise à proposer des conditions de travail améliorées et sûres aux hommes et aux femmes qui en assurent l’exploitation et la maintenance.